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Le voilier

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Je suis debout au bord de la plage,
Un voilier passe dans la brise du matin
et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse
à l'horizon.
Quelqu'un dit à mon côté : "Il est parti"
Parti vers où ?
Parti de mon regard, c'est tout.
Son mât est toujours aussi haut,
Sa coque a toujours la force
de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un
près de moi dit : "il est parti",
Il y en a d'autres qui,
le voyant poindre à l'horizon
et venir vers eux s'exclament avec joie :
"Le voilà !"

C'est cela,
La mort.

 

William Blater

Voilier sur l'eau calme

Le voyage

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J'ai commencé un grand voyage,
à travers l'éternité,
avec mon âme comme seul bagage
pour accomplir ma destinée

J'ai perdu ma forme humaine,
pas mon identité.
Et comme avant auprès de vous,
je continue à vous aimer.

Je ne suis pas solitaire,
ni perdue ni délaissée.
J'ai simplement quitté la terre;
une autre vie a commencé.

Pour surmonter ce vide,
laissez parler vos sentiments
Je sècherai vos visages humides
car je serai toujours présente.

Ne pleure pas si tu m'aimes

Sous-titre de la section

Si tu savais le don de Dieu et ce qu'est le Ciel !
Si tu pouvais d'ici, entendre le chant des Bienheureux,
et me voir au milieu d'eux !et
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux
les immenses horizons et les nouveaux sentiers où je marche !
Si, un instant, tu pouvais contempler comme moi la Beauté
devant laquelle toutes les beautés pâlissent !
Quoi... ? Tu m'as vu... tu m'as aimé dans le pays des ombres
et tu ne pourrais ni me revoir, ni m'aimer
dans le pays des immuables réalités ?
Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens,

comme elle a brisé ceux qui m'enchaînaient,
et quand, un jour que Dieu seul connaît et qu'il a fixé,
ton âme viendra dans le ciel où l'a précédée la mienne...
Ce jour-là, tu me reverras et tu retrouveras mon affection purifiée.
A Dieu ne plaise qu'entrant dans une vie plus heureuse,
je sois infidèle aux souvenirs et aux vraies joies
de mon autre vie et sois devenu moins aimant !
Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur,
non plus attendant la mort,
mais avançant d'instant en instant,
avec toi, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie !
Alors... essuie tes larmes et ne pleure plus... si tu m'aimes !

 

Saint Augustin

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Lettre de l'évêque d'Angers

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La grande et triste erreur de quelques-uns, c'est de s'imaginer que ceux que la mort emporte nous quittent :

ils ne nous quittent pas, ils restent.

Où sont-ils ? Dans l'ombre ? Oh non, c'est nous qui sommes dans l'ombre. Eux, sont à côté de nous, sous le voile, plus présents que jamais. Nous ne les voyons pas, parce que le nuage obscur nous enveloppe, mais eux nous voient. Ils tiennent leurs beaux yeux pleins de lumière arrêtés sur nos yeux pleins de larmes.

Ô consolation ineffable, les morts sont des invisibles, ce ne sont pas des absents. J'ai souvent pensé à ce qui pourrait le mieux consoler ceux qui pleurent. Voici : c'est la foi en cette présence réelle et ininterrompue de nos morts chéris ; c'est l'intuition claire, pénétrante, que, par la mort, ils ne sont ni éteints, ni éloignés, ni même absents, mais vivants près de nous, heureux, transfigurés, et n'ayant perdu, dans ce changement glorieux, ni une délicatesse de leur âme, ni une tendresse de leur coeur, ni une préférence de leur amour, mais ayant au contraire, dans ces profonds et doux sentiments, grandi de cent coudées.

La mort, pour les bons, est la montée éblouissante dans la lumière, dans la puissance et dans l'amour.

 

Monseigneur Bougeaud
Évêque d'Angers

Prière amérindienne

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Quand je ne serai plus là, lâchez-moi !
Car j'ai tellement de choses à faire et à voir !
Ne pleurez pas en pensant à moi !
Soyez reconnaissants pour les belles années
Pendant lesquelles je vous ai donné mon amour !
Vous ne pouvez que deviner
Le bonheur que vous m'avez apporté !
Je vous remercie pour l'amour que chacun m'a démontré !
Maintenant, il est temps pour moi de voyager seul.
Pendant un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous ne serons séparés que pour quelques temps !
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur !
Je ne suis pas loin et la vie continue !
Si vous en avez besoin, appelez-moi et je viendrai !

Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous sentirez clairement
La douceur de l'amour que j'apporterai !
Quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir,
Absent de mon corps, présent avec Dieu !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer !
Je ne suis pas là, je ne dors pas !

Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement des cristaux de neige,
Je suis la lumière qui traverse les champs de blé,
Je suis la douce pluie d'automne,
Je suis l'éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l'étoile qui brille dans la nuit !
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là, je ne suis pas mort.

La mort, c'est la vie qui continue

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" La mort n'est rien,
je suis simplement passé dans la pièce d'à côté.
Je suis moi, tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre,
Nous le sommes pour toujours.
Donne-moi le nom que tu m'as toujours donné.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l'a toujours été.
Sans emphase d'aucune sorte et sans trace d'ombre.
La vie signifie ce qu'elle a toujours signifié.
Elle reste ce qu'elle a toujours été.
Le fil n'a pas été coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée,
parce que je suis simplement hors de ta vue ?
Je t'attends. Je ne suis pas loin.
Juste de l'autre côté du chemin.
Et en toi, si tu le veux bien ".

 

Charles Péguy

La maison de famille

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La famille ne se détruit pas, elle se transforme,
une part d'elle va dans l'invisible.

On croit que la mort est une absence quand elle est une présence secrète.
On croit qu'elle crée une infinie distance
alors qu'elle supprime toute distance
en ramenant à l'esprit ce qui se localisait dans la chair.

Plus il y a d'êtres qui ont quitté le foyer,
plus les survivants ont d'attaches célestes.
Le ciel n'est plus alors peuplé d'anges, de saints inconnus ou du Dieu mystérieux : Il devient familier.

C'est la maison de famille, la maison en son étage supérieur si je puis dire.

 

Père SERTILLANGES

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